Félix Esclangon
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RECTO VERSO

jeudi 16 janvier 2014

Ils marchent dans le froid mordant de la nuit, il est tard. Les larmes coulent le long de ses joues ruinant son maquillage tandis que lui, le regard perdu dans le vide, se mure dans son silence.

Une fois rentrés à la maison, lui, toujours muet, s’asseoit à son bureau, préférant se réfugier dans le travail. Elle, de son côté, s’enferme dans sa chambre avec le cadre-photo où trône le collage quelque peu maladroit d’une petite fille, sa fille. Celui-ci était orné d’une photo de sa petite Judith sur un fond à l’aspect de briques grises. Sa fille lui manquait. Elle ne supportait pas l’absence de sa fille et se sentait coupable. Pourquoi s’était-elle assoupie sur la plage ? La mer avait été tellement houleuse ce jour-là.

Son coeur comme transpercé de chagrin laissait entrevoir toute sa peine et sa détresse. Puis elle se leva et se dirigea vers la fenêtre. Elle regarda le soleil qui se couchait. Devant les derniers rayons de soleil les nuages couvraient le ciel d’une couleur grisâtre annonçant sûrement un orage dans la nuit à venir. Elle resta ainsi de longues minutesà réfléchir, plantée devant ce paysage sombre et peu réconfortant.

Puis soudain sur un coup de tête, elle sortit sa valise et commença à jeter ses vêtements à l’intérieur de celle-ci. Elle ne supportait plus cette situation. L’indifférence de son mari face à la perte de leur fille lui était devenue insupportable. On ne trahissait aucune émotion dans le regard de ce dernier. « Notre fille est morte » se dit-elle d’une voix sourde. Cela faisait des mois qu’elle n’osait prononcer ce mot. La mort. Un mot, quatre lettres qui vous brisent une vie en quelques secondes. C’en était trop pour elle, elle devait partir et quitter cette atmosphère invivable.

18 avril 2013. Cela faisait désormais deux mois jour pour jour qu’elle l’avait laissé seul comme abandonné. Il se rappelle qu’il ne l’avait même pas entendue partir. Il essayait de réparer son coeur brisé par l’absence de celles qui avaient été les deux femmes de sa vie, comme un enfant aurait mis un pansement sur une légère blessure.

Depuis son départ, rien n’avait changé. Ses deux manteaux préférés étaient restés accrochés aux persiennes comme elle faisait à son habitude.

Ce soir-là, il alla se coucher tôt, ce qui était peu habituel pour lui. Il demeurait seul dans le grand lit de leur chambre où manquait la présence de sa femme. Soudain vers six heures du matin, la tempête le réveilla. Le vent soufflait si fort qu’il avait cassé un carreau de la fenêtre et l’avait ouverte. Il tâtonna dans le noir à la recherche de l’interrupteur. Quand il réussit à allumer la lumière, il la vit blottie dans la couverture qui lui recouvrait la tête. Finalement l’amour qu’elle nourrissait pour son mari avait été plus fort. Elle était revenue.

 
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  • Vote : Choix 3 (Mme Serra, professeur documentaliste, collège Maxime Javelly de Riez)Une histoire très triste, on ressent de la peine pour ce coupe, pour elle comme pour lui.

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