Félix Esclangon
Lycée
Manosque tel.04.92.70.54.70 fax 04.92.70.54.71
 

Recto-Verso

vendredi 13 décembre 2013

Il était vingt-deux heures lorqu’Emilie et David sortirent du restaurant dans lequel ils avaient dîné. Ils marchaient sur le trottoir puis s’engagèrent sur le passage piéton pour regagner le chemin qui les ramenaient chez eux. La tension qui régnait entre le couple était palpable. Depuis quelques temps, leur entente n’était pas au beau fixe. Soudain, Emilie s’arrêta de marcher et regarda le mur noir devant lequel ils passaient. David fit quelques pas de plus, puis s’arrêta à son tour. Il vînt se placer derrière Emilie et vit une annonce collée contre le mur, accompagnée de la photo d’une enfant. Il lut à voix haute : « Recherche enfant disparue. Fillette d’environ 3 ans. Si vous la voyez, veuillez contacter les services de police. »

Ils rentrèrent chez eux sans prononcer un mot. Cette situation dura pendant plusieurs jours durant lequels Emilie ne faisait que pleurer. David avait finalement compris la raison de la tristesse de sa petite-amie. Emilie était stérile. En effet, plusieurs mois auparavant, ils avaient essayé d’avoir un enfant, en vain. Ils avaient consulté un spécialiste qui leur avait annoncé la triste nouvelle. Depuis ce jour-là, Emilie n’était plus que l’ombre d’elle même. C’était comme si on lui avait retiré une partie d’elle, comme si elle avait reçu un coup en pleine poitrine. Elle passait ses journées à contempler le ciel et à pleurer. Elle ressentait un manque immense, non pas physique car David était présent pour elle, mais un manque psychique. L’image de cette petite fille perdue, le message désespéré de ses parents sur tous les murs de la ville... Tout cela n’avait fait qu’empirer sa douleur insupportable. David essayait de la reconstruire, de soutenir sa petite-amie, de la consoler... Rien n’y faisait. On avait brisé son plus grand rêve, celui d’être maman.

Forcée d’admettre qu’Emilie ne se remettrait pas de si tôt, Damien décida de la quitter, fatigué d’avoir sans cesse à s’occuper d’elle comme on s’occupe d’une personne handicapée. Il la quitta donc quatre mois plus tard. Il avait laissé quelques affaires dont il n’avait pas besoin chez Emilie et il partit vivre chez ses parents. La dépression d’Emilie dura six mois, six longs mois durant lesquels elle sortait seulement pour acheter de la nourriture. Pour se rendre à la superette du quartier, elle devait cependant passer devant un parc de jeux, toujours rempli d’enfants. Cette épreuve était insupportable pour elle. Emilie ne s’occupait plus d’elle, ni de sa maison depuis que David l’avait quittée, si bien que cette dernière serait bientôt infestée de plantes en tous genres. Ses nuits étaient courtes, elle avait des troubles du sommeil fréquents et se réveillait parfois en pleine nuit en sursautant et hurlant. Elle ne répondait plus au téléphone et ne donnait de nouvelles à personne. David n’a pas repris contact avec elle et ne désire pas le revoir.

 
Pétition

attention, vous ne pouvez voter que pour trois nouvelles

Identifiants personnels
Lien hypertexte :

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Lycée Félix Esclangon – Boulevard Martin Bret - 04100 Manosque tel.04.92.70.54.70 fax 04.92.70.54.71 – Responsable de publication : M. PONS -- Proviseur
Dernière mise à jour : mardi 26 mai 2020 – Tous droits réservés © 2008-2020, Académie d'Aix-Marseille