Félix Esclangon
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Disparue.

vendredi 13 décembre 2013

Nous marchions Joan et moi, dans une rue de Paris déserte et sombre, et il me racontait son voyage...

« Je suis partie il y a deux ans en Pologne, pour retrouver ma nièce, perdue lors d’une visite avec ses parents. Ils m’ont donc appelé à l’aide. La vie était belle là-bas, les quartiers colorés, pleins de vie, mais je prenais à peine le temps de regarder ces paysages magnifiques tant j’étais absorbé par la recherche de Juliane. Nous regardions Fred, mon frère et moi dans chaques coins, chaques trous où elle aurait pu se cacher, en vain... Le soir nous observion le ciel en nous disant qu’elle était quelque part, et pourtant nous ne savions pas où ! Dans cette frustation, cette colère, cette tristesse, nous ne disions mot, mais égarions nos pensées dans ce silence aussi tortueux qu’apaisant.

La mère de Juliane, elle, n’avait même plus la force de faire les recherches avec nous tellement elle était perdue sans sa fille. Alors elle errait ici et là, l’air perdu avec ses cheveux bruns attachés, se mêlant à nous, elle nous gênait même, mais personne n’osait le lui dire tant il y avait de desespoir qui se lisait dans ses yeux. Son coeur, tel une vitre brisée, gémissait de douleur, et petit bout de scotch pour le réparer était introuvable. Elle passait devant des magasins présentant de grands habits noirs, elle tournait en rond telle une bête enfermée.

Les jolis quartiers de Pologne nous paraissaient comme une jungle tellement il y avait d’endroit où chercher ! Un jour nous retrouvâmes sur un trottoir la chaine dorée que Juliane portait toujours à son cou, une lueur d’espoir brilla alors en nous, et nous poursuivimes nos recherches avec encore plus d’entrain et d’ardeur.

Il arrivait certains matins que ma belle-soeur n’ait même pas le force de quitter son lit ; elle restait alors sous sa couette qui étouffait ses larmes. Elle perdait la raison, tu sais. Un jour elle disait voir l’ombre de sa fille près de la fenêtre qui était entrouverte, une autre fois elle était persuadée que sa fille était dans la maison, dans la pièce d’à côté, et qu’elle la voyait...

Je suis restée un mois là-bas, ce fut le plus long mois de ma vie, mais nous n’avons jamais retrouvé Juliane... Sa mère est donc allée dans un hôpital psychiatrique pendant quelques temps, et son père a choisi la sortie de secours, il est parti, seul, je ne sais où... »

Sur ces derniers mots je lui pris la main, et posai ma tête sur son épaule.

 
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