Félix Esclangon
Lycée
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RECTO - VERSO

lundi 12 mai 2014

Je suis avec lui dans la nuit. Une nuit froide de février. On vient de fêter nos six ans de relation dans un bon restaurant indien. On décide de rentrer à notre nouvel appartement.
En marchant, je vois, sur un mur en béton, la photo d’une fillette à moitié déchirée. Elle est belle avec son petit sourire. On peut apercevoir une lueur d’espoir dans ses jolis yeux. Je baisse mes yeux et je vois que c’est un avis de recherche. Je reste encore quelques secondes fixée sur cette photo. Puis, mes yeux s’en décrochent enfin mais, je ne le vois plus.
Il a disparu de mon champ de vision. Mes yeux inspectent absolument tout de droite à gauche. Je ne le vois pas. Je l’ai perdu. Je ressens en une fraction de seconde, une angoisse, un déchirement, un sentiment d’insécurité. Je suis enfermée dans ma terrible peur. La peur d’être seule. Je me sens vide. J’ai très peur de la solitude.
Mais, juste l’instant d’après, une vague de bonheur et de liberté vient m’enrober quand je retrouve enfin Rémi.
On rentre à l’appartement. Je m’enroule dans ma couverture sous le regard joueur de mon compagnon. Et on joue. On est comme deux enfants jouant à cache-cache ; pendant un certain temps. La nuit nous berce. On décide d’allumer le poste de radio. Ensemble, on chante, on danse, on s’enlace dans cette froide nuit de février.

Tout à coup, une forte lumière rouge nous aveugle. Elle vient de la rue du dessous. Puis, les sirènes retentissent. On se précipite à la petite fenêtre de notre chambre. Un cortège de pompiers et de policiers défile le long de la rue. J’ai peur. On descend de l’appartement et on s’enfonce dans la rue colorée de rouge, de bleu, d’orange.

On marche en direction de la Rue Grande. Les lumières nous guident. On s’approche. Je vois une fillette. Je l’a connait, j’en suis sûre.
Je continue de m’approcher. Rémi ne me suis plus, il reste à l’arrière. Je m’avance, jusqu’à voir, de plus près, le visage de cette fameuse fille. C’est celle de la photo sur le mur en béton. C’est elle. Trait pour trait.
Ils l’ont retrouvés. Elle est âgée d’à peine 5 ans. Son corps est maigre, ses vêtements ressemblent à des loques. Des cernes violets remplissent son doux visage. Des bleus et des griffures apparaissent sur ses bras, ses jambes.
Elle est inconsciente. Elle le restera. Les larmes coulent à flot sur les joues de ses parents. Ils sont désormais morts de l’intérieur.
La peine vient se nicher dans mon corps. Je pleure à mon tour. Rémi vient me trouver et me ramène à l’appartement. Il me console. Les images de cette petite remplissent mon esprit. Des images terrifiantes me hantent. Jusqu’au moment où je me réveille enfin.
Je croise dans le hall de l’immeuble la petite avec sa mère. Elle part pour l’école. Elle est heureuse et

 
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